Estampe originale ou reproduction : la question qui change tout
C'est la distinction la plus lourde de conséquences, et la plus mal comprise. Une estampe originale est tirée d'une matrice — pierre lithographique, plaque de cuivre, écran de sérigraphie — travaillée par l'artiste ou sous son contrôle. Une reproduction est une photographie de l'œuvre, imprimée en offset.
La première appartient au marché de l'art, la seconde à celui de la décoration. À la loupe, l'offset révèle une trame régulière de points ; une lithographie montre un grain irrégulier, une eau-forte présente un relief et souvent une cuvette, cette légère empreinte laissée par la plaque dans le papier.
Le doute est légitime et fréquent : c'est exactement le genre de question qu'une estimation à distance tranche en quelques minutes à partir d'un bon gros plan.
La numérotation et la justification du tirage
Une estampe originale est habituellement numérotée au crayon dans la marge inférieure gauche, sous la forme 24/150 : le vingt-quatrième exemplaire d'un tirage de cent cinquante. Plus le tirage est restreint, plus la valeur unitaire est élevée.
D'autres mentions ont leur importance : EA ou HC désignent des épreuves d'artiste ou hors commerce, souvent recherchées ; une planche signée au crayon vaut davantage qu'une signature imprimée dans la matrice. Photographiez la marge entière, pas seulement le motif.
L'état du papier, premier facteur de décote
Le papier est un support fragile et le marché est sévère. La rousseur — ces petites taches brunes dues à l'humidité —, un jaunissement dû à la lumière, une pliure marquée ou une déchirure réparée au ruban adhésif font chuter la valeur, parfois de moitié.
Les marges comptent également : une feuille rognée aux dimensions du motif perd une part significative de sa valeur pour un collectionneur. Si l'œuvre est encadrée sous verre, indiquez-le plutôt que de la démonter : le démontage sans précaution est une source fréquente de dommages.