Le catalogue raisonné, et le comité d'artiste
Pour la plupart des artistes cotés du XXe siècle, il existe un catalogue raisonné : le recensement, par un spécialiste, de l'ensemble de la production connue. Une œuvre qui y figure est vendable sans difficulté ; une œuvre absente devra être présentée au comité qui fait autorité sur l'artiste, lequel délivre — ou refuse — un certificat.
Cette démarche prend du temps, coûte parfois cher, et son issue n'est jamais garantie. Elle change radicalement la valeur : entre une toile certifiée et la même toile sans document, l'écart est considérable, et certains acheteurs refuseront purement et simplement la seconde.
Si vous détenez un certificat, une facture de galerie, une lettre de l'artiste ou une photographie ancienne de l'œuvre accrochée chez vous, dites-le : ces éléments valent parfois plus que la signature.
Une période très exposée aux faux
L'art moderne est, avec l'art contemporain, le segment le plus touché par les contrefaçons. Les techniques sont récentes, les matériaux faciles à se procurer, et les prix atteints rendent l'exercice rentable. C'est aussi pourquoi les comités d'authentification y sont si stricts.
Il n'y a là rien d'inquiétant pour un particulier de bonne foi : une œuvre héritée, avec une provenance familiale connue et un parcours cohérent, part avec un a priori favorable. Racontez comment l'œuvre est entrée dans la famille, et quand — c'est un élément d'estimation à part entière.
Lithographie, sérigraphie, multiple : la confusion la plus coûteuse
Beaucoup de « tableaux modernes » accrochés dans les intérieurs français sont en réalité des estampes signées, éditées à plusieurs centaines d'exemplaires. Elles ont une valeur réelle, souvent de quelques centaines d'euros, mais sans commune mesure avec une œuvre unique du même artiste.
Regardez la surface en lumière rasante : une peinture a du relief, une estampe est plane. Et vérifiez la marge inférieure — une numérotation au crayon lève tout doute.